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Édmée Chandon, Toute Première Astronome Française

Après une première semaine sur Katherine Johnson, je vous invite aujourd’hui à découvrir le portrait d’une pionnière de notre pays : Édmée Chandon.


Édmée Chandon est née le 21 novembre 1885 dans le 11e arrondissement de Paris, d’un père lorrain et d’une mère parisienne. Non seulement, c’est la première Française à obtenir un doctorat en sciences mathématiques mais c’est aussi la toute la première astronome à occuper un poste professionnel en France.


Aînée de 5 enfants, elle est diplômée de la Sorbonne en mathématiques et physiques, avant d’être reçue première au concours d'agrégation de mathématiques de jeunes filles en 1908 (1).


Edmée Chandon, première astronome française, portrait de Edmée Chandon

Toute une carrière à l’Observatoire de Paris

En 1908, elle commence en tant que stagiaire à l’Observatoire de Paris. Elle y rencontrera Jacques Jean Trousset, également mathématicien, avec qui elle se mariera en 2010 à Saint-Cloud.


Le couple divorcera l’année d’après, suite à la mutation de Jacques à l’Observatoire de Bordeaux. En 2010, Édmée intègre le service méridien, où elle s’occupe de la détermination quotidienne de l’heure (2). Deux ans plus tard, elle devient la toute première femme à obtenir un poste comme aide astronome à l’Observatoire de Paris.


Plusieurs journaux annoncent alors la nouvelle :

Par arrêté en date du 28 février dernier, Mlle Edmée Chandon a été nommée aide astronome et attachée, à dater du 1er mars, à l'Observatoire de Paris. Cette jeune femme, la première qui soit admise officiellement comme astronome dans un observatoire français, – Mlle Dorothée Klumpke avait été simplement autorisée à faire de l’astronomie à l'Observatoire –, est née à Paris d'un père parisien et d'une mère lorraine, appartenant à une vieille famille universitaire. (3)

Elle effectuera à l'Observatoire de Paris de nombreux travaux de recherche, notamment (4) :

  • En 1914, la Société Astronomique de France organise à la Tour Eiffel la «  Fête du Soleil » : Édmée y représentera l’Observatoire de Paris.

  • En 1916, elle améliore la détermination de la latitude de l’Observatoire de Paris.

  • Elle est admise en 1919 à la Société Mathématique de France (Une des plus anciennes sociétés savantes de mathématiciens au monde).

  • L’année suivante, en 2020, elle travaille sur la mesure des étoiles doubles.

  • En 1924, Édmée est nommée astronome adjoint.


En Mars 1930, Édmée obtient son doctorat, devenant la première Française à soutenir une thèse d’état en sciences mathématiques. Intitulée « Recherches sur les marées de la Mer Rouge et du Golfe de Suez », la thèse aborde des sujets comme l’astronomie et la géodésie,

Elle publie en 1935 un ouvrage avec André Gougenheim au sujet des astrolabes à prisme, objets dont la fonction principale est d’« observer l’instant où la hauteur apparente d’un astre atteint une valeur rigoureusement invariable voisine de 60 degrés » (5).

Édmée prend sa retraite en octobre 1941, mais décèdera malheureusement moins de 3 ans après de circonstances inconnues, le 8 mars 1944.


Hommages

  • Une petite planète, « Edmée » a été nommée ainsi en son nom. Celle-ci a été découverte en 1935 par E. Delporte (6).

  • En 2019, la ville de Nantes lui a brillamment rendue hommage en baptisant une petite place du centre de la ville en son nom. Située à l’angle des rues Cassini et Copernic, cette petite place n’avait à l’origine pas de nom… ce qui ennuyait particulièrement les commerçants sui éprouvaient des difficultés à en préciser la localisation, notamment lors d’animations spécifiques (7).


Sources et lectures complémentaires

  1. Observatoire de Haute Provence. (2016) Dictionnaire des Astronomes Français 1850-1950. http://www.obs-hp.fr/dictionnaire/par_lettre/lettre_C.pdf

  2. Retronews. (2020) Édmée Chandon, première Française astronomehttps://www.retronews.fr/sciences/echo-de-presse/2020/03/12/edmee-chandon-premiere-francaise-astronome

  3. Wikiwand. (2020) Édmée Chandon https://www.wikiwand.com/fr/Édmée_Chandon

  4. Claude, Driencourt. L’astrolabe à prisme. J. Phys. Theor. Appl., 1907, 6 (1), pp.950-979. 10.1051/jphystap:019070060095001 . jpa-00241274 https://hal.archives-ouvertes.fr/jpa-00241274

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